D )Moyens d'empêcher la collision


Aujourd'hui, les scientifiques envisagent plusieurs solutions, et de plusieurs types :

Méthodes douces :

Ces méthodes visent à accélérer ou à ralentir légerement la vitesse de l'astéroide. De cette façon, celui-ci croiserait quand même l'orbite de la Terre mais avant ou après son passage.

Concernant ce type de solutions, une mission est déjà prévue : un vaisseau automatique serait envoyé en 2015 par deux astronautes américains. B612 (c'est son nom) s'accrocherait à un astéroide et le pousserait, ralentissant sa vitesse de 2,5 cm par seconde. Le problème principal est que ce projet est irréalisable car la technologie actuelle ne le permet pas : un réacteur nécessaire pour produire la poussée que B612 devra produire n'existe pas encore, même si la NASA planche sur un projet de moteur ionique. De plus, l'impact devrait être prévu plus de 10 ans à l'avance. Enfin, on ne sait pas comment l'accrocher solidement à un astéroide, surtout si ce dernier tourne sur lui-même (on risquerait même de le casser !).

L'aterrissage de la navette B612 Un vaisseau s'approchant d'un astéroide

Une autre méthode envisageable serait celle dite du "tracteur gravitationnel", qui contrairement à la mission B612, ne s'accrocherait pas à l'astéroide, mais l'attirerait par une force d'attraction gravitationnelle très faible, mais qui à long terme produirait le même résultat que B612. Le problème est qu'il faudrait 4 tonnes de carburant pour alimenter une telle machine, sans compter le carburant nécessaire pour l'emmener jusqu'à l'astéroide. Donc, comme pour B612, l'état actuel des technologies ne le permet pas, et un long délai est nécessaire.

Enfin, dans ces méthodes "douces", il reste celle de la navigation solaire. Il faut aussi être prévenu longtemps à l'avance (des siècles). Le principe est d'utiliser un immense voile solaire qui capterait les rayons du soleil et "tirerait" sur l'astéroide avec une force infime, mais suffisante pour dévier légerement l'astéroide. Mais là encore, de nombreux problèmes se posent : tout d'abord, le temps. Cette force étant très faible, il faudrait commencer la mission plusieurs siècles avant la collision. De plus, cela nécessite que le voile soit accroché à l'astéroide, le même problème que pour B612 se pose.

Un exemple de vaisseau à voile solaire (vue d'artiste) Un exemple de voile solaire
Enfin, un système utilisant la radiation du système solaire serait étudiée : un vaisseau pulvériserait de la peinture réfléchissante sur l'astéroide, ce qui augmenterait la pression de radiation et perturberait le mouvement de l'astéroide. Mais cette option paraît peu réaliste : cela nécessiterait de grandes quantités de peinture, et l'application de cette peinture pose encore des problèmes. Sans compter le temps nécessaire !

Donc, de façon générale, les méthodes "douces" sont encore méconnues, et nécessitent de s'y prendre longtemps à l'avance.


Méthodes fortes :

Ces méthodes ont pour but la déviation de l'astéroïde grâce à un choc assez violent.

La plus connue des méthodes consiste en l'explosion d'une bombe nucléaire. Deux possibilités se dégagent : soit la bombe pulvériserait directement l'astéroide en petits morceaux inoffensifs, ou la bombe exploserait à proximité de l'astéroide (100 à 130 mètres). La couche superficielle de l'astéroide serait vaporisée puis expulsée dans l'espace, ce qui propulserait le reste de l'astéroide dans le sens opposé. L'avantage de cette méthode est que l'on saurait actuellement comment construire rapidement une bombe de force suffisante pour réaliser cette explosion, alors que les autres solutions citées plus hautes ne le permettent pas. En revanche, il est totalement impossible de contrôler le résultat : l'explosion pourrait briser l'astéroide en deux gros morceaux, ce qui multiplierait le problème par deux...

Une explosion comme celle du film "Armageddon" reste peu sûre...

Armageddon

exemple d'explosion

Car elle pourrait séparer l'astéroïde en deux grosses parties...

Un impact "classique" serait aussi possible : un gros engin spatial quelconque s'écraserait sur l'astéroide à grande vitesse, et le dévierait. Là encore, le problème de la précision se pose : comment être sûr que l'astéroide ne se mettra pas simplement à tourner? Il pourrait aussi être séparé en gros morceaux.

Une version " light " de l'explosion nucléaire consisterait à installer un laser ou un miroir spatial gigantesque braqué sur l'astéroïde, qui chaufferait un point à la surface. Cette possibilité, nommée "Ablation", pourrait propulser l'astéroïde dans la direction désirée, et la rotation de celui-ci ne poserait plus de problème.  Mais le laser ou le miroir devrait se maintenir au dessus du point choisi pendant une longue période, ce qui implique donc une grosse réserve de combustible. De plus, le matériau chauffé et expulsé pourrait arriver dans le laser, et donc endommager l'appareil.

Un système d'éjecteur de masse est aussi à l'étude. Il s'agirait d'une machine capable d'arracher les morceaux de l'astéroïde et de les expulser dans l'espace. L'astéroïde accélérerait donc dans la direction opposée. Cependant, cette technique nécessite beaucoup d'énergie. De plus, la conception et l'installation de cet engin sur l'astéroïde posent encore aujourd'hui des problèmes.

Pour toutes ces méthodes, il reste une forte imprécision quant aux résultats. C'est pour cela que la mission Don Quichotte a été prévue par l'agence spatiale européenne : deux sondes serait envoyées sur un astéroïde inoffensif, une serait projetée sur l'astéroïde et l'autre serait mise en orbite afin d'étudier la réaction de l'astéroïde. C'est à partir de cette expérience que l'on pourra déterminer si ces méthodes présentent un réel danger pour la planète.

De toute manière, les astéroïdes ne sont pas tous homogènes, et un choc pourrait les briser en plusieurs gros morceaux, multipliant ainsi le danger. Les spécialistes considèrent donc que ces solutions ne devraient être utilisées qu'en dernier recours.

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